Résumé
Au cours des deux dernières décennies, le contexte de vie moderne a amené un défi de société majeur : une épidémie d’isolement social et de solitude, y compris au Québec. Afin de maintenir les pleines capacités individuelles et collectives des personnes aînées, il est essentiel de mieux soutenir la participation sociale lors du grand âge. Par, pour et avec des citoyens âgés, la direction de santé publique du CIUSSSE-CHUS et ses partenaires ont conjointement mis en œuvre une importante journée d’échanges et de croisement de savoirs pour mieux connaître les leviers et les obstacles à la participation sociale des personnes aînées et débuter l’idéation, notamment liée au développement du présent laboratoire vivant.
Le laboratoire vivant PartÂge permettra ainsi de cocréer des actions et des milieux de vie inclusifs qui seront ensuite co-expérimentés pour améliorer la participation sociale d’Estriens vieillissants, incluant ceux âgés de plus de 85 ans, puis de codiffuser les résultats. Les actions restent à être co-identifiées et cocréés, mais elles pourraient être une initiative similaire aux courses partagées (https://coursespartagees.com) ou un guide des bonnes pratiques pour organiser des événements et des milieux de vie inclusifs, assurant une vie communautaire plus accessible, interactive et connectée, à la fois à l’intérieur et entre les générations. Plus précisément, PartÂge vise à : 1) identifier les actions prioritaires sur la participation sociale lors du grand âge à mettre en œuvre en Estrie selon les citoyens âgés; 2) décrire le codéveloppement et la co-mise en œuvre de ces actions, incluant les facilitateurs et les obstacles à leur déploiement en Estrie; et 3) co-évaluer leurs effets sur la participation sociale d’Estriens âgés.
Soutenu par la santé publique, ses partenaires et la recherche, cette cocréation et co-expérimentation sera réalisée par, pour et avec des citoyens âgés. Pour soutenir ces citoyens dans l’identification d’actions ou de milieux et la mise en œuvre, les initiatives sur la participation sociale pertinentes déjà en place en Estrie et ailleurs seront aussi considérés à l’aide d’un scan environnemental et d’une mise à jour de la recension des écrits. L’expérience d’autres laboratoires vivants et de divers enquêtes (p. ex. : Étude longitudinale canadienne sur le vieillissement) seront aussi mutualisées. Les actions et les milieux de vie inclusifs seront codéveloppés et co-expérimentés avec diverses méthodes de codesign en s’appuyant principalement sur les expertises et les savoirs expérientiels des citoyens.
Ancré dans le contexte réel et les besoins de participation sociale de citoyens âgés, ce laboratoire d’envergure a un potentiel transformateur élevé envers l’inclusivité des milieux de vie. Grâce à la considération et la fédération d’expertises d’autres laboratoires vivants ainsi qu’une diffusion exhaustive des résultats au Québec et à l’international, les retombées de la présente proposition guideront l’ensemble des acteurs de santé publique et leurs partenaires dans le développement et la mise en œuvre de leurs pratiques. En plus d’optimiser l’écosystème du Québec et d’assurer un positionnement à l’international, ces pratiques bonifiées répondront davantage et de manière intégrée, complète et évolutive à la lutte contre l’isolement social et la solitude des Québécois âgés.